J’ai plusieurs fois indiqué dans ce livre qu’un bon clubmaker doit à un moment où à un autre mesurer votre vitesse de swing.

Une des raisons de faire cela est de restreindre ou plutôt de circonscrire les possibilités de shaft à ceux qui ont le flex approprié pour cette vitesse.

Vous pourriez alors conclure que cela suffit : si vous avez une vitesse plus élevée vous prenez un shaft plus rigide et si votre vitesse est plus basse vous prenez un shaft plus flexible.

Mais ceci est inexact.

La mesure de la vitesse n’est que le début du processus de fitting du shaft et si cela est fait correctement, et que les autres éléments qui permettent de déterminer quel sera votre meilleur shaft font l’objet d’une analyse sérieuse, vous pourrez fort bien finir avec un shaft qui sera très différent de celui auquel vous auriez pensé à l’origine.

Parmi les choses que vous apprendrez ici, il y a les éléments suivants :

  • La lettre du flex imprimée sur votre shaft n’a aucune signification
  • Le shaft ne réagit pas comme un fouet pour envoyer la balle sur le fairway

Mais alors, si ce n’est pas le flex du shaft qui envoie pas la balle sur le fairway, à quoi sert-il?

Et, bien, ce qui ressemble à un effet de fouet n’a pas du tout comme origine le shaft lui­même. En fait, le rôle du flex apparaît quand le golfeur relâche l’armement de ses poignets pendant le downswing. C’est à ce moment là que la flexibilité ou la fermeté du shaft font leur travail. Le rôle du profil de flexibilité d’un shaft est de travailler en conjonction avec le désarmement de vos poignets ( et aussi avec le loft du club et son centre de gravité, si votre angle d’attaque est positif, négatif ou neutre) pour déterminer l’angle final d’envol, la trajectoire et la back spin de votre coup.

Le flex a également un effet important sur les sensations produites par le club avant et pendant l’impact. Pour beaucoup de golfeurs, les sensations produites pas le profil d’un shaft sont un élément très important du fitting. Mais, pour le moment, concentrons-nous sur la question du relâchement des poignets.

Quand vous commencez le downswing, et tant que vos poignets restent armés, vos bras et le club évoluent tous les deux à la même vitesse angulaire. Puis, quand vous commencez à relâcher les poignets, les bras se mettent à ralentir alors que le club accélère. La tête du club qui était en retard sur le shaft réagit maintenant au ralentissement de vos bras et est projetée à grande vitesse. Ceci à pour effet de courber le shaft vers l’avant, ce qui augmente le loft au moment de l’impact, si on a un relâchement tardif, et, en conséquence, augmente le spin et l’angle d’envol de la balle, avec, au final, une influence sur sa trajectoire, et donc, sur sa distance en vol.

De fait, la même vitesse de swing à l’impact peut être produite de plusieurs manières différentes. Ainsi, considérons trois golfeurs.

Le premier désarme très tôt les poignets dans le downswing, le second au milieu, et le dernier très tard. Le golfeur qui relâche très, trop, tôt verra son shaft se courber vers l’avant trop tôt, ce qui aura pour effet qu’il reviendra ensuite en arrière et sera, à l’impact, redevenu, rectiligne, sans effet particulier sur la trajectoire. Mieux vaut être le second golfeur qui relâche ses poignets au milieu du down swing, et le mieux encore, c’est d’être le troisième golfeur qui relâche tout à fait à la fin du downswing, quelques centièmes de secondes seulement avant l’impact.

En résumé, plus on désarme les poignets tard, plus le shaft aura un effet marqué sur l’envol de la balle. Néanmoins, chacun des trois golfeurs décrit pourrait avoir exactement la même vitesse de swing à l’impact ! Pensez-vous qu’ils devraient, pour autant, tous utiliser le même shaft? Non, bien sûr.

Mais il y a plus. Pour vraiment obtenir le shaft qui convient pour vos clubs vous devez également examiner la façon dont vous opérez la transition entre la fin du back swing et le début du downswing -douce, moyenne ou en force-, comment sont votre tempo et votre accélération, également dans le downswing, et quelle est votre régularité dans la réalisation de ces différents points. Faites entrer ces différents facteurs dans l’équation de votre swing, introduisez, aussi, le moment où vous commencez à désarmer, et, alors seulement, votre clumaker expérimenté pourra sélectionner votre shaft. Dire simplement telle vitesse X = tel shaft Y ne le fera pas.

Maintenant posons-nous encore une question avant de passer au mythe suivant.
Quand vous avez acheté vos clubs dans un grand magasin de matériel, combien de ces facteurs caractérisant votre swing ont-ils été analysés en dehors de votre vitesse de swing?
Mais, peut-être, devrais-je présenter cela autrement : était-ce alors votre jour de chance?

Comments are closed.